14.01.2012

20 - Alicia cherche la faille

- Et puis ?

- J'ai pris une grosse paire de ciseaux et j'ai coupé sa saloperie de verge et ses couilles. Le sang pissait partout. Je ne sais même pas s'il était vraiment mort.

- Tu n'as pas… comment dire… vérifié ?

- Tu dis vraiment n'importe quoi. Parce que tu crois que j'y ai pensé ? Tu ne peux même pas imaginer l'état dans lequel je me trouvais.

- Si, je crois.

- Moi je ne crois pas, je sais. La suite, tu la connais.

- Oui… Qu'as-tu l'intention de faire maintenant ?

- Je n'en sais rien. Foutre le camps, en tout cas. Il est hors de question que je remette les pieds là-bas.

- En agissant de la sorte tu seras la première à être suspectée.

- Tu crois que je ne le sais pas. Qu'as-tu à proposer ?

- Rien pour le moment. J'ai besoin de temps pour y réfléchir. Tu es vraiment sûre de ne pas pouvoir y retourner ? Même pour quelques jours ?

- Pour quoi faire ? Les autres se sont certainement aperçu que j'étais encore dans la boutique quand ils sont partis.

- Tu crois, ou tu en es sûre ?

- Je n'en sais rien.

- C'est important. Essaie de te souvenir. Raconte-moi comment ça c'est passé.

- De quoi tu parles ?

- Du moment où ils sont partis. D'abord sont- ils partis tous en même temps ?

- Je ne crois pas.

- Tu m'as dit que tu étais seule lorsque tu étais dans le bureau.

- Oui.

- Et avant ?

- j'étais dans le magasin. Dans les rayons.

- Que faisais-tu ?

- Rien. C'était l'heure de la fermeture. Tous les clients faisaient la queue aux caisses…

- Ils étaient nombreux.

- Je ne sais pas. Une douzaine, peut-être.

- Et dans les rayons.

- Nous n'étions que deux. Moi et une autre fille. Nous n'étions pas ensemble. Elle n'a pas fait attention à moi. Je ne l'ai d'ailleurs pas vu partir.

- On peut donc être presque sûre que tu aurais pu partir sans que personne ne le remarque ?

- Oui.

- Est-ce que quelqu'un t'a vu rester ?

- Je ne crois pas. Les caissiers ont fait ce qu'ils avaient à faire puis ils sont allés mettre l'argent dans le coffre.

- Où est-il ce coffre ?

- Dans une pièce, de l'autre côté du magasin, située à l'opposé du bureau de… ce gros connard.

- A quel moment le gérant t'a fait appeler dans son bureau.

- Il est venu me voir dans l'aprés-midi.

- On t'a vu parler avec lui ?

- Oui. Mais je ne vois pas en quoi ça pose un problème.

- Tu as raison. Que t'a-t-il dit ?

- Qu'il voulait me voir pour me parler de mon travail.

- C'est tout ?

- C'est tout. Qu'est-ce que tu aurais voulu qu'il me dise d'autre ?

- J'essaie juste de trouver la faille. La chose qui pourrait te foutre dedans. C'est pour toi que je travaille en ce moment.

- Je sais. Excuse-moi.

- Donc, pour résumer, personne n'aurait pu te voir partir et personne ne t'a vu rester ?

- Je n'en mettrais pas ma main au feu, mais à priori : non. Quand je suis entrée dans le bureau, les caissiers devaient déjà être en train de mettre l'argent dans le coffre et ils sont partir juste après, ce qui en général ne prend pas plus de cinq minutes.

- Y'a-t-il un risque que quelqu'un ait entendu quoi que ce soit quand ça a commencé à dégénérer ?

- Je ne pense pas. Mais je ne suis sûre de rien. Peut-être que oui. Peut-être que non. Il m'a sauté dessus presque tout de suite.
- Vous avez un peu parlé avant.

- Ca n'a pas duré longtemps.

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