20.01.2012
21 - Alicia envoie Fatima au casse-pipe
- Combien ?
- Deux minutes. Peut-être plus…
- Cinq minutes ?
- Je ne crois pas. En tout cas, ce n'est pas l'impression que j'ai eu.
- Il n'y a qu'un moyen d'être sûre.
- Tu veux que j'y retourne ? Il va y avoir des flics partout. Ils vont interroger tout le monde.
- Et si tu ne te montres pas…
- Tu as raison. Quelle heure est-il ?
- Onze heures. Tu commences à quelle heure ?
- Neuf heures.
- Tu es en retard, c'est sûr, mais ça n'a pas vraiment d'importance, surtout un jour comme aujourd'hui. Personne n'aura le cur de te faire chier avec ça, tu peux partir tranquille.
- Et si…
- Si quelqu'un t'a vu ? On avisera à ce moment-là.
Mais Fatima n'avait aucune envie d'y retourner. Elle passa beaucoup de temps à se préparer et à s'habiller. Alicia avait beau lui demander de se presser, elle ne l'écoutait pas. Elle finit tout de même par y aller. Après son départ, Alicia tourna en rond dans l'appartement. Ses visions de la soirée précédente ne la quittait pas et elle se demandait si elle n'avait pas envoyé Fatima à l'abattoir.
Sylvianne était en train de faire le ménage et Alicia n'avait rien de mieux à faire que de la regarder travailler. Elle avait envie de la questionner au sujet de Marianne et d'Hector pour savoir si elle était au courant de quelque chose et si elle en éprouvait de la jalousie. En règle générale, Alicia n'était pas très bavarde, sauf dans certains cas un peu particuliers où elle était tout à fait capable de prendre le taureau par les cornes. Sans doute se laissait-elle aller à la facilité et il fallait que la situation l'exige pour qu'elle se remue un peu. Ce n'était pas le cas ici et donc elle ne dit rien à Sylvianne qu'elle continua de regarder pendant de longues minutes. Marianne était absente ce jour-là et le chauffeur était allé en ville pour faire des courses. C'était toujours lui qui était chargé de cette besogne et il préférait être seul pour l'accomplir. Les deux filles le dérangeaient et surtout lui faisaient perdre du temps. Alicia ne pouvait être que d'accord avec lui.
Elle vit Marianne s'approcher de la fenêtre. Elle y resta plusieurs secondes. Puis elle sortit quelque chose de sa poche. Alicia ne pouvait pas voir de quoi il s'agissait. Marianne s'assit dans un fauteuil et regarda fixement ce qui, de loin, semblait être un bout de papier rectangulaire mais qui devait certainement être une photo, car où serait l'intérêt de fixer un bout de papier rectangulaire ? Alicia ouvrit grand les yeux en voyant Marianne écarter ses cuisses et glisser une main sous sa jupe. Faire ça à ce moment et à cet endroit était plus que dangereux, car n'importe qui aurait pu entrer et la surprendre.
09:51 Publié dans Le Journal d'Alicia | Lien permanent | Commentaires (0) |
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